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LE PARISIEN : JUGEMENT DU PERE DJIHADISTE

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Le père djihadiste qui avait enlevé sa fille de 18 mois jugé ce lundi

J.Cl. avec AFP| 05 mars 2018, 9h31

Pendant onze mois, la mère de la petite Assia avait remué ciel et terre pour récupérer sa fille.

Ce lundi, la détermination d’une mère à récupérer sa fillette française en Syrie sera mise en lumière. Hamza Mandhouj, 29 ans, est jugé durant deux jours devant le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs à visée terroriste et soustraction d’enfant par ascendant. En 2013, ce Français était parti faire le djihad avec Assia, sa fillette de 18 mois.

Le 14 octobre 2013, comme chaque semaine, Hamza Mandhouj, un jeune homme radicalisé, avait gardé leur fille. Mais il ne l’avait pas ramenée chez sa mère Meriam Rhaeim. Grâce au passeport qu’il avait fait établir, il était parti avec elle en Turquie. Une fois sur place, il avait plusieurs fois appelé son ex-épouse en lui demandant de les rejoindre, ce qu’elle n’a jamais envisagé.

Deux mois plus tard, en décembre 2013, il avait passé la frontière syrienne pour combattre aux côtés des djihadistes du Front Al-Nosra, filiale syrienne d’Al-Qaïda en lutte contre le régime de Bachar al-Assad. Il aurait rejoint son frère. Il avait prévenu son ex-femme. « Il m’a dit qu’il ne voulait pas ramener Assia en France et qu’il préférait qu’elle meure en martyr », avait relaté cette surveillante dans un collège de l’Ain. « Il m’a assuré qu’elle allait bien et il m’a passé ma fille qui me réclamait : Mama, Mama… C’était horrible. »
>Marié à deux femmes sur place
Tellement horrible, sans doute, qu’au bout de huit mois, Hamza Manhouj acceptait de rendre Assia à sa mère. Les raisons de ce revirement seront au cœur du procès. Car c’est bien ce que Meriam Rhaiem veut comprendre, en plus de savoir ce que sa fille a vécu pendant huit mois.

En dépit des mises en garde des autorités françaises sur la dangerosité d’un tel périple, la maman, accompagnée de son frère, s’était rendue en Turquie fin août 2014. Mais les autorités turques avaient arrêté le père et son enfant dans un hôtel de Hatay, près de la frontière. Il avait fallu deux jours et demi pour que la petite fille, alors âgée de 28 mois, soit rendue à sa mère. Toutes deux étaient rentrées en France le 3 septembre 2014, accueillies à leur descente d’avion sur la base militaire de Villacoublay (Yvelines) par le ministre de l’Intérieur d’alors, Bernard Cazeneuve.

Hamza Mandhouj, expulsé par les Turcs fin octobre 2014, avait été mis en examen et incarcéré en France dans la foulée de son retour. Au cours de l’enquête, il a affirmé ne pas avoir combattu mais avoir été chargé de la répartition de la nourriture au sein du groupe djihadiste, dont il était aussi le trésorier.

Marié à deux femmes sur place, il sera également jugé pour avoir encouragé plusieurs jeunes filles à venir en Syrie.